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 Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français

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Grougnaffe

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MessageSujet: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Mer 24 Jan - 23:02

Depuis 1946 les grandes oreilles de la CIA suivaient le développement de l’arme nucléaire voulue par le Général de Gaulle.

Les rapports de surveillance de la CIA ayant été partiellement déclassifiés et mis en ligne et, comme une grande partie de ces rapports concernait les essais menés en grand secret par la France au Centre d’Expérimentation Militaire des Oasis où j’ai assisté aux deux premiers des treize essais souterrains conduits par la France sur le site, je les ai traduits pour le compte d’une association de vétérans des essais nucléaires au Sahara.

Pour que ce coin de voile soulevé ne reste pas confiné à un petit groupe de vétérans, espèce en voie de disparition du fait des limites de l’espérance de vie, je vais publier les documents traduits en six épisodes au fil des « journées » du COOL.

If you read English, you can go directly to this link without waiting for my translations :

https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB184/#doc19

Pour vous faire patienter (il faut que je tienne tout le COOL, donc il faut attendre un peu les gars) je vous propose de regarder la vidéo YouTube de 11 minutes que j’ai montée pour présenter les essais nucléaires français à partir de mes diapos de l’époque et de vidéos officielles d’archives (plutôt orientées propagande) tombées elles aussi dans le domaine public.
La fin de la vidéo est un diaporama animé de Tamanrasset en 1962.




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COOL 2015 saison 2-poule Rookie GIRIK, COOL 2016 saison 3-poule Rookie SKARBEK, COOL 2017 saison 4-poule Rookie CHARIOT : classé , COOL 2018 saison 5-poule Rookie GLADYCH classé pénultième.

En essayant continuellement je finirai par réussir, donc plus ça rate plus j'ai de chance que ça marche.
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Hydrommel

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Jeu 25 Jan - 8:41

Quel teasing !

What a Face
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Grougnaffe

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Jeu 25 Jan - 12:03


Dans la vidéo il fallait apprécier à sa juste valeur le remarquable exercice de langue de bois de Pierre Messmer qui déclarait sans vergogne que l’accident nucléaire Béryl du premier mai 1962 s’était finalement déroulé sans problème, car tous ceux qui étaient présents au point zéro étaient, bien évidemment, protégés contre les radiations.

C’était bien entendu le cas pour les VIP, dont Pierre Messmer Premier ministre du Général de Gaulle, mort d'un cancer à l’âge avancé de 91 ans, sans qu'il soit possible de lier ce cancer à l’accident Béryl et Gaston Palewski, ministre de l’industrie qui mourra d'une leucémie en 1984, soit 22 ans après les faits, à l'âge de 83 ans.
Selon Pierre Messmer, il était persuadé que son cancer avait été causé par l'accident.

Selon les comptes rendus officiels disponibles, la plupart des militaires n'ont reçu qu'une irradiation externe.
Aucune information n'est en revanche disponible sur l'état de santé des populations civiles touareg du Sahara pour la bonne et simple raison qu’aucune étude n‘a jamais été faite sur leur cas.

La voie off qu’on entend derrière la séquence qui montre l’explosion ratée (à 6 minutes 30) est un commentaire pour FR3 de Michel Dessoubrais, un appelé au 620e GAS Groupement des Armes Spéciales, qui était près du point zéro au moment de l'explosion:
Citation :
«Avec ma patrouille, nous étions à une dizaine de kilomètres. Le sol tremblait et une très grande flamme horizontale est sortie de la montagne. Puis un grand nuage de fumée noire. Ce n'était pas normal, mais nous ne savions pas quoi faire. Nous avons mis nos masques à gaz et nous sommes restés près de trois heures sur place. Des gars en combinaison sont arrivés pour faire des prélèvements et nous ont dit de foutre le camp». Les neuf militaires sont décontaminés: «Sous la douche, deux gars m'ont frotté pendant plus de trois heures. Et on m'a rasé les cheveux.» Une semaine plus tard, les soldats sont transférés à l'hôpital Percy de Clamart, en région parisienne. «On nous a mis dans le pavillon des officiers, avec des gendarmes à l'entrée.» Pendant près de trois mois, les examens se succèdent, jusqu'à deux ou trois prises de sang quotidiennes. «On ne nous a jamais donné aucun résultat», assure Michel Dessoubrais, aujourd'hui décédé des suites d’un cancer.

Un autre éclairage très intéressant est donné par le compte rendu du Capitaine CLAVERT, Commandant le Service de Décontamination du 620e GAS.
Devenu Colonel, il est décédé en 1998, sa veuve et ses enfants attribuent son décès à sa contamination lors de sa présence sur le site de IN EKER
Citation :


RAPPORT EXPÉRIMENTATION « BÉRYL » : 1er MAI 1962

1 / ORGANISATION

La chambre d’explosion avait été creusée à l’intérieur d’un massif de granit d’une hauteur d’environ 200 m et situé à environ 50 km NORD du village d'In-Amguel.
Cette chambre sphérique avait été réalisée au moyen de marteaux piqueurs en partant d’une galerie ouverte sur le flanc EST du massif en s’enfonçant pratiquement au cœur de celui-ci. Tous les débris rejetés à l’extérieur de la galerie constituaient un véritable carreau de mine sur lequel furent installés différents appareils électroniques de retransmission et de mesures, ainsi que des groupes électrogènes à moteur diesel et les compresseurs pour fournir l’énergie nécessaire à l’amorçage de la bombe et au fonctionnement des divers appareils de mesure :

- Relais de télévision pour filmer le déroulement des opérations d’amorçage de la bombe,
- Enregistrements et mesures des effets mécaniques : onde de choc, pression de crête dans le sol, sismographe,
- Enregistrement des mesures électromagnétiques, mesure des rayonnements gamma.

À la fin des travaux de terrassement et en vue de fermer l’entrée de la galerie, des doubles portes blindées furent mises en place et scellées dans le granit. Une multitude de sacs remplis de sable fut préparée afin de renforcer l’étanchéité des portes blindées après la mise en place de la bombe avant le tir. Le PC opérationnel du GOEN (Groupement Opérationnel des Expérimentations Nucléaires) fut installé sur un petit éperon face au « carreau de mine » à 2,5 km EST.
Il comprenait trois shelters aménagés, dont l’un équipé de voyants lumineux, pour permettre le contrôle des différentes opérations avant la mise de feu et de la clé de contact pour déclencher l’explosion. Un second shelter regroupait tous les moyens de transmission nécessaires ; quant au troisième, réservé aux expérimentateurs et spectateurs, il était équipé d’un poste de télévision.

Sur le PC opérationnel qui avait un air de fête régnait la bonne humeur, chacun étant optimiste.
Près du PC opérationnel, et sur un secteur de 180° de 2,5 km de rayon ayant pour centre la chambre d’explosion, étaient installés à intervalles réguliers cinq postes d’observation du nuage équipés de TS et de cinéthéodolites servis par du personnel du contingent du 620e Groupement des Armes Spéciales appartenant à la Batterie Mobile de Détection / Décontamination (BMDD) que j’avais l’honneur de commander.
La section de décontamination mobile de la BMDD se tenait prête à intervenir d’une position d’attente située à 5 km SUD-EST de la chambre d’explosion, en bordure de la route goudronnée menant à la base vie d’IN-AMGUEL.

2 / DÉROULEMENT

Les sondages et les prévisions météorologiques s’annonçant favorables dans la nuit du 30 avril au 1 er mai, ordre fut donné d’exécuter les derniers préparatifs avant le lever du jour, l’heure ‘H’ étant en principe fixée à 10 h 00 TU.
Les dernières équipes d’expérimentateurs rejoignirent le GOEN vers 10 h 45 puis on entra dans la phase active qui dura près d’une demi-heure.
L’explosion déclenchée par le Général THIRY (1) commandant le GOEN se produisit à 11 heures.

DESCRIPTION DE L’EXPLOSION

Sous l’effet de l’onde de choc, les flancs de la montagne se mirent à moutonner suivant différents niveaux caractéristiques. Ces moutonnements étaient dus à la propagation de l’onde de choc qui détachait des poussières des flancs de la colline.
En même temps, sur le PC opérationnel, le sol se mit à trembler, semblant se dérouler sous nos pieds pendant quelques secondes.
Alors que chacun s’affairait et observait, un nuage de couleur blanche violette apparut soudain à l’entrée de la galerie.
Sa belle couleur initiale, due à la présence d’éléments radioactifs à base d’iode, de courte période, s’assombrit rapidement à cause des poussières qu’il entraînait.
Le nuage devint très vite noirâtre, car se mêlèrent des fumées provenant de la combustion du gazole des groupes électrogènes provoqué par le flux thermique.
Les portes blindées obturant l’entrée de la galerie avaient cédé. L’apparition de ce nuage inattendu était due à une sous-estimation de la puissance de la bombe qui, au lieu de 20 KT, faisait en fait près de 50 KT.

Cet incident matérialisa l’ensemble des effets dynamiques, thermiques et radioactifs et devant un tel exploit, chacun resta stupéfait !
En atmosphère libre, le nuage se développa rapidement, et poussé par le vent, progressa en direction du PC / GOEN.
Tout le monde pensait que le nuage éviterait le PC opérationnel, aussi aucune mesure préventive de protection ne fut-elle prise.
Mais, après dix minutes d’attente, il fallut bien se rendre à l’évidence : le nuage de poussières radioactives maintenant sa direction, s’approchait dangereusement du PC / GOEN.

L’ordre de repli de tous les personnels fut donné au dernier moment et on assista à une véritable panique : tout le monde se ruait sur son véhicule afin de partir au plus vite, de sorte que le centre de transmission fut évacué avant qu’aucun ordre n’ait été transmis aux équipes disséminées sur le terrain. Il faut dire que tous les personnels du PC / opérationnel, excepté ceux de la BMDD du 620e GAS, ne disposaient pas de moyens de protection contre la radioactivité.

L’accès du PC opérationnel n’était possible que par une seule piste, si bien que le départ des personnels en catastrophe produisit un embouteillage montre, alors que la nuage radioactif qui s’étendait sur un front d’environ 800 m en progressant toujours dans la même direction, recouvrait et obscurcissait le PC et la piste d’accès. On se serait cru dans les ténèbres et il fallut allumer les phares des véhicules. Bien que l’opacité s’intensifiât avec les poussières soulevées par les véhicules en mouvement, par miracle, il ne se produisit pas d’accident.

Pendant ce temps là, la section mobile de décontamination de la BMDD qui observait le développement du nuage, quitta sa position avant d’être atteinte par la frange du nuage radioactif. Les personnels, entraînés et protégés par leurs tenues de protection ne recevant pas d’ordre par radio, avaient alors pris l’initiative de se replier en zone saine afin d’installer un poste de contrôle radiologique en bordure de la piste, afin d’intercepter tous les véhicules en provenance de la zone des retombées. Avec ses radia mètres DON 410, elle mesure l’intensité de la radioactivité sur les visages, les cheveux, les mains et les vêtements des conducteurs et passagers des véhicules.
Ce premier contrôle sommaire, au lieu de rassurer les personnels en cause, ne fit qu’accroître leur inquiétude, car ils réalisèrent soudain le danger auquel ils étaient exposés.
Sur les vingt kilomètres de la route goudronnée menant à la base vie une véritable course automobile s’était engagée : chacun n’avait qu’une hâte, rejoindre la base. La chaleur aidant, les véhicules malmenés ne tardèrent pas à tomber en panne pour cause de « vapor-look ». Certains équipages abandonnèrent leurs véhicules : ils partirent en courant sur la route malgré la chaleur, mais se ravisant, ils firent de l’auto-stop. D’autres, qui avaient mis leurs ANP avec précipitation sans les ajuster, éprouvèrent une gêne respiratoire et des maux de tête intolérables si bien qu’ils jetèrent leur masque n’importe où.

Cette véritable débandade fit que les premiers éléments du PC opérationnel n’atteignirent l’entrée de la base vie qu’une heure après que fut donné l’ordre de repli.

La Base Vie, malgré les faibles moyens dont elle disposait, avait réussi tout de même à installer un poste de contrôle à son entrée. Tous les personnels en provenant du terrain furent soumis à un contrôle radiologique puis dirigé sur les douches de décontamination. Mais, le service de santé de l’Infirmerie Hôpital de la Base Vie ne disposait en tout et pour tout que de trois pommes de douche pour décontaminer environ 250 personnes (!) porteuses de poussières radioactives de l’ordre de 10 à 20 rœntgens.
La section mobile de décontamination de la BMDD put enfin, après son repli, s’installer à 1 km de l’entrée de la Base Vie et fut en état de fonctionner près de deux heures après l’heure ‘H’ du tir, car elle dut régler des problèmes de ravitaillement en eau et s’approvisionner en vêtements de rechange.
Toutefois, la contamination de toutes les personnes s’acheva vers 13h00. Tous les personnels, quels que soient leurs fonctions ou leurs grades se soumirent de bon gré à toutes ces opérations et l’on vit Ministre, Généraux et Gradés équipés en 2e classe pendant un certain temps.
(Ils ne disposaient pour tout vêtement que d’une chemisette et d’un pantalon de toile !)

(1) Le général de l’Armée de l’Air THIRY était un sportif très rapide à la course à pied, car, lors de la panique générale qui avait suivi l’explosion, il avait rejoint sa 404 Pigeot bien avant son chauffeur, un appelé de l’Armée de l’Air, et était parti sans l’attendre.
Le chauffeur oublié et fort dépité avait été pris en stop à bord d’un 6x6 du 4e Cpima déjà bien chargé de marsouins.




La délimitation de la zone interdite (pour 28000 ans) du site contaminé Oasis 1 :



Les spécialistes étaient bien protégés contre les radiations :



La fuite éperdue sous le nuage radioactif :



Et la route reliant le point zéro à la base vie en temps normal :



Et pour aller plus loin si vous êtes curieux, le rapport de l'Assemblée Nationale :
http://www.assemblee-nationale.fr/rap-oecst/essais_nucleaires/i3571.asp

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Sam 27 Jan - 17:57

1 – Version française du document d’introduction de la CIA
(decryption of the original version by Grougnaffe’s Cipher Unit)



Les services de renseignements US et le programme français d'armes nucléaires.

On a ici la compilation de deux documents qui se recoupent partiellement.


Vue générale (photographie prise en 1962) de la zone contaminée par le test de Béryl à Taourit Tan Afella. (Photo avec la permission de l'AIEA. Conditions radiologiques dans les anciens sites français de tests nucléaires en Algérie: évaluation préliminaire et recommandations).


Les fichiers déclassifiés éclairent les dissimulations entourant les essais nucléaires français. Dernière mise à jour: 2014-02-15
Selon des documents récemment déclassifiés, les retombées radioactives émanant des essais nucléaires français en Algérie dans les années 1960 concernaient une zone beaucoup plus large que celle que l'armée française avait reconnue à l'époque, elle s'étendait en réalité sur toute l'Afrique de l'Ouest et vers le sud de l'Europe.

Les documents ont été publiés en 2013 suite aux appels des vétérans des essais nucléaires qui clament que leurs problèmes de santé sont liés à leur exposition à des niveaux de rayonnement dangereux.

Une carte montre que 13 jours après le premier tir nucléaire aérien « Gerboise Bleue »  en février 1960, les particules radioactives allaient de la République centrafricaine à la Sicile et au sud de l'Espagne.

Gerboise Bleue, plus de trois fois plus puissante que la bombe tombée sur Nagasaki en 1945 a explosé dans le ciel au-dessus du désert du Sahara dans le sud de l'Algérie. Le test a eu lieu au plus fort de la lutte pour l'indépendance de l'ancienne colonie française.

À l'époque, les autorités militaires françaises ont déclaré que les retombées de l'explosion étaient limitées au désert et que les niveaux de rayonnement étaient « généralement faibles ».

Mais les associations représentant les vétérans des essais nucléaires français dans les années 1960 et 1970 exigent que le gouvernement admette qu'il savait que les retombées des tests sahariens étaient dangereuses.

« Dans les années 1960, les normes régissant les niveaux de rayonnement acceptables étaient beaucoup moins strictes qu'elles ne le sont actuellement », a déclaré Bruno Barillot, expert en tests nucléaires qui représente des groupes de vétérans des essais nucléaires.

"Et les preuves médicales que nous avons maintenant montrent clairement que l'exposition à ce rayonnement peut déclencher des maladies graves plus de trois décennies plus tard", a déclaré le quotidien français Le Parisien.

Gouvernement «sélectif» dans la publication de documents.

Barillot a ajouté que les documents déclassifiés ont montré, qu’à l'époque, l’armée savait que même les niveaux de sécurité des années 1960 étaient largement dépassés et que des quantités importantes de particules radioactives aériennes, en particulier l'iode 131 et le césium 137, auraient pu être inhalées par un grand nombre de personnes Afrique du Nord.

Mais il s'est également plaint que le gouvernement avait été extrêmement sélectif en ce qui concerne les documents à publier.

La preuve que la France a ignoré ou essayé de cacher les effets sur la santé de ses essais nucléaires pourrait être extrêmement problématique pour le gouvernement français.

Il existe déjà un certain nombre de cas civils déposés par des Algériens contre l'État français.

Et si l'on peut démontrer que les retombées radioactives ont concerné de nombreuses régions d'Afrique du Nord, beaucoup d'autres demandes d'indemnisation des individus et des gouvernements nationaux pourraient être en préparation.

Washington, DC, le 21 mars 2006 -
La communauté de renseignement des États-Unis a consacré d'importants efforts à la collecte et à l'analyse des renseignements concernant le programme d'armes nucléaires français à partir des premiers jours de la guerre froide et jusqu’au milieu des années 1970, selon les documents obtenus grâce à la "Freedom of Information Act"  et qui sont aujourd’hui publiés sur le Web par les archives de la sécurité nationale à l'Université George Washington.

À ce jour les publications concernent plus de 30 documents – la plupart ayant été classés Top Secret à l’origine - produits par le service de renseignement du district d'ingénieurs de Manhattan, la CIA, le Département d'État, le US Pacific Command et le Commandement aérien stratégique.

Les documents ont été obtenus par Jeffrey T. Richelson, chercheur senior des archives, en menant des recherches pour son livre récemment publié : "Spying on the Bomb" : Le renseignement nucléaire américain de l'Allemagne nazie vers l'Iran et la Corée du Nord (W.W. Norton) et par l'analyste senior de William Burr.

Les documents montrent que les activités nucléaires françaises étaient suffisamment préoccupantes pour inciter la section du renseignement de Manhattan Engineer District à produire une série de rapports en 1946 - sur la base de diverses sources sur les activités françaises de recherche et de développement nucléaires - concernant la possibilité que les scientifiques français pouvaient être disposés à vendre leur savoir-faire nucléaire à tout bon acheteur et ont décrit la recherche française de mines d'uranium. Les documents du début des années 1950 montrent l'intérêt du renseignement américain pour les changements de personnel du commissariat à l’énergie atomique (créé par De Gaulle en décembre 1945, ndt).

Les documents indiquent également que de nouvelles améliorations technologiques des outils d’acquisition du renseignement nucléaire américain ont été utilisées pour suivre de près le programme français. L'effort de collecte comprenait l'utilisation de systèmes de reconnaissance aérienne (y compris les satellites et les avions U-2), les drones, les systèmes d'interceptions de communications, les avions pour recueillir des débris et les signatures des essais nucléaires français et des navires spécialement équipés stationnés près du site de test du Pacifique français.

Les analystes du renseignement utilisaient les résultats de ces efforts de collecte de données pour produire les informations classifiées, les rapports du Bureau de l'Intelligence Scientifique et les estimations nationales et spéciales du renseignement national incluses dans le cahier d'information électronique.

Document d'information électronique sur la sécurité nationale no 184.
Édité par Jeffrey Richelson
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne travaillaient à développer une bombe atomique, leurs services de renseignement essayaient de déterminer les progrès réalisés par l'Allemagne dans le développement de l'arme ultime. Avec l'effondrement du Troisième Reich, le renseignement américain a orienté son attention vers les activités nucléaires soviétiques. Mais alors que l'Union soviétique était la nation dont les activités nucléaires concernaient le plus les organisations de renseignement des États-Unis au cours des décennies après 1945, il y avait d'autres nations dont les progrès dans le domaine du nucléaire était également surveillés par les États-Unis à partir des années 1940.
L'un de ces pays était la France.

L'intérêt initial des Français pour le développement des armes nucléaires remonte à 1939, lorsque Frédéric Joliot-Curie et d'autres scientifiques français ont rencontré le directeur général français de Union Minière, la société qui contrôlait l'uranium au Congo. (Note 1) Après que les forces alliées aient débarqué en Normandie en juin 1944, une unité américaine et britannique, désignée ALSOS, a suivi les troupes alliées en exfiltrant des scientifiques, et en récupérant des documents et des équipements appartenant au programme nucléaire allemand.
Mais les États-Unis voulaient également empêcher la France d'acquérir de l'expertise et de l'équipement nucléaire et étaient désireux de prendre le contrôle du personnel et du matériel liés au programme allemand tant pour l'exploitation du renseignement que pour empêcher l'information de tomber aux mains des Français.
En avril 1945, ALSOS a mené l'opération HARBOURAGE - exfiltrant les principaux scientifiques allemands (y compris Werner Heisenberg) et récupérant un réacteur expérimental dans une région de l'Allemagne avant qu’il ne tombe sous le contrôle des forces françaises. (Note 2)

Les efforts déployés par les États-Unis pour surveiller les activités nucléaires françaises sont révélés dans les rapports déclassifiés produits par la section du renseignement étranger du service de renseignement du district d'ingénieurs de Manhattan en 1946.
Six rapports (Documents 1 à 6), basés sur diverses sources, ont fourni des aperçus des capacités françaises de recherche et de développement nucléaires, et rappelant une rumeur selon laquelle les scientifiques français voulaient vendre le savoir-faire nucléaire au plus offrant, résume les éléments clés d'un discours de Joliot-Curie, le scientifique nucléaire le plus en vue de la France, et décrit la recherche française de mines d'uranium.

Au début des années 1950, d'autres éléments de la communauté du renseignement des États-Unis - y compris l'unité de renseignement du Département d'État et les services de renseignements de l'armée - fournissaient des informations sur le personnel impliqué dans le programme nucléaire français (Document 7, Document 8 ).
À l'époque, et jusqu'au au milieu des années 1950, il n'y avait pas eu de décision française de poursuivre le développement d'une arme nucléaire. Mais après la défaite de 1951 du gouvernement de Guy Mollet, qui avait promis qu'il ne chercherait pas à développer des armes nucléaires, cela pouvait changer. Selon un article du Bulletin central du renseignement de la CIA (Document 9) noté en mai 1957, les pressions semblaient s'accroître en France pour développer une arme nucléaire.

Il ne faudrait pas attendre longtemps avant que la France n’ait créé une organisation pour le développement de l’arme nucléaire et ait commencé sa recherche d'un site de test. Le renseignement américain notait à la fin des années cinquante les progrès réalisés par les Français pour la mise au point d’un système de mise à feu d’une bombe nucléaire - et impliquait des rapports sur le personnel, les réacteurs, les installations d'enrichissement, le site d'essai au Sahara et les mouvements de personnel et d'équipement.
À la suite du test initial de février 1960, la Communauté des services de renseignements américains a dû élaborer l’estimation du calendrier des essais et mettre en place la surveillance des résultats de ces tests, la recherche, le développement et la production des systèmes de livraison. Lorsqu’après l'indépendance algérienne la France a été contrainte de trouver un nouveau site de test, il a fallu surveiller l'effort de construction et se préparer à surveiller les tests sur le nouveau site du Pacifique.

L'effort de collecte et d'analyse impliquait une variété d'organisations de renseignement américains. Les données ont été collectées par des sources humaines par la CIA, tandis que l'Agence nationale de sécurité a intercepté les communications pertinentes (document 28). La CIA et le National Reconnaissance Office (après sa création en septembre 1961) ont utilisé des appareils tels que l'U-2 (Document 18, Document 24) et les satellites pour obtenir des images aériennes des réacteurs, des installations d'enrichissement et des sites de test.

En outre, les signatures spécifiques générées par les essais nucléaires français - y compris les signaux sismiques - et jusqu'à ce que la France ait mis fin aux essais atmosphériques en 1974, les impulsions électromagnétiques, les rayons X, les rayonnements infrarouges et les débris générés par les explosions atmosphériques - ont également été collectées.
Stations au sol du Centre d'applications techniques de l'Armée de l'Air, AFTAC / Air For Les satellites (y compris les satellites du programme de soutien de la VELA et de la défense), les avions U-2 collectant des débris exploités par le Commandement aérien stratégique et les navires de la marine américaine ont également contribué à l'effort de collecte.
Au début des années 1960, l'AFTAC a cherché à établir des stations au sol plus proches de l'Algérie pour faciliter la surveillance des essais (Document 14, Document 15).

Les données générées par les efforts de collecte des États-Unis ont permis à la CIA et à d'autres analystes de la communauté du renseignement de produire des rapports de renseignement actualisés (par exemple, le Document 13) ainsi que des études et des estimations plus approfondies du programme d'armes nucléaires français à partir de la fin des années 1950, le Programme français d'armes nucléaires de juillet 1963 (Document 19) et le Centre français d'essais nucléaires du Pacifique (Document 25) d'août 1965.

Les documents inclus dans ce document d'information ont été obtenus auprès des Archives nationales des États-Unis et des demandes de la Loi sur la liberté d'information (certaines déposées par l'analyste principal William Burr de l'Archive de la sécurité nationale) dans le cadre de la recherche menée par Jeffrey T. Richelson, membre adjoint des archives pour son livre , Spying on the Bomb: Intelligence nucléaire américaine de l'Allemagne nazie à l'Iran et à la Corée du Nord. (Note 3) Ils fournissent des informations sur la collecte et l'analyse des données concernant le programme nucléaire français et illustrent les efforts considérables entrepris par les États-Unis, en particulier dans les années 1960 et début des années 1970, pour recueillir et analyser des données sur les activités d'armes nucléaires françaises.

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Sam 27 Jan - 18:01

1 - Original version of the CIA introductory document.

(On the previous message you can read the French "decryption" of this document by Grougnaffe’s Cipher Unit)

Citation :
U.S. Intelligence and the French Nuclear Weapons Program

General view (photograph taken in 1962) of the area contaminated by the Béryl test at Taourirt Tan Afella. (Photo courtesy of the IAEA. Radiological Conditions at the Former French Nuclear Test Sites in Algeria: Preliminary Assessment and Recommendations).


Declassified files expose lies of French nuclear tests. Latest update : 2014-02-15


The radioactive spread from French nuclear tests in Algeria in the 1960s was much larger that the French army admitted at the time, stretching across all of West Africa and up to southern Europe, according to recently declassified documents.

The documents were released in 2013 following appeals from military veterans who say their current ill health is linked to exposure to dangerous levels of radiation.

One map shows that 13 days after France detonated its first nuclear device - "Gerboise Bleue" (Blue Jerboa) - in February 1960, radioactive particles ranged from the Central African Republic to Sicily and southern Spain.

Gerboise Bleue, more than three times as powerful as the bomb dropped on Nagasaki in 1945, exploded in the sky above the Sahara Desert in southern Algeria. The test took place at the height of the former French colony’s independence struggle.

At the time, the French military authorities said the fallout from the explosion was limited to the desert and that radiation levels were “generally low”.

But associations representing military veterans of France’s nuclear tests in the 1960s and 1970s are demanding that the government admits it knew that the fallout from Saharan tests was dangerous.

“In the 1960s the norms governing acceptable levels of radiation were much less strict than they are now,” said Bruno Barillot, an expert in nuclear tests who is representing veterans’ groups.

“And the medical evidence we have now shows clearly that exposure to this radiation can set off serious illnesses more than three decades later,” he told French daily Le Parisien.

Government 'selective' in documents release

Barillot added that the declassified documents showed that the army at the time was aware that even the 1960s safety levels were largely surpassed and that significant quantities of airborne radioactive particles, particularly iodine 131 and caesium 137, could have been inhaled by large numbers of people in north Africa.

But he also complained that the government had been extremely selective in terms of what documents to release.

Proof that France ignored or tried to hide the health effects of its nuclear testing could be extremely problematic for the French government.

There are already a number of civil cases lodged by Algerians against the French state.

And if it can be demonstrated that the fallout of the bomb tests spread dangerous levels radiation over large parts of North Africa, many more demands for compensation from individuals and from national governments could be in the pipeline.

Washington, DC, March 21, 2006 - The U.S. Intelligence Community devoted significant effort to the collection and analysis of intelligence concerning the French nuclear weapons program beginning in the early days of the Cold War through the mid-1970s, according to documents obtained through the Freedom of Information Act and archival research and posted on the Web today by the National Security Archive at George Washington University.

Today's posting includes more than 30 documents -- many originally classified Top Secret -- produced by interagency groups, the Manhattan Engineer District's Foreign Intelligence Section, the CIA, the State Department, the U.S. Pacific Command, and the Strategic Air Command.

The records were obtained by Archive Senior Fellow Jeffrey T. Richelson while conducting research for his recently published book, Spying on the Bomb: American Nuclear Intelligence from Nazi Germany to Iran and North Korea (W.W. Norton), and by Archive senior analyst William Burr.

The documents show that French nuclear activities were of sufficient concern to prompt the Manhattan Engineer District's intelligence section to produce a series of reports in 1946 -- based on a variety of sources on French nuclear research and development activities -- on the possibility that French scientists were willing to sell nuclear know-how to the right bidder and described the French search for uranium deposits. Documents from the early 1950s show U.S. intelligence interest in personnel changes in the French atomic energy organization.

The documents also indicate that new technological improvements in U.S. nuclear intelligence gathering were used to closely monitor the French program. The collection effort included the use of overhead reconnaissance systems (including satellites and U-2 aircraft), drones, communications intercepts systems, aircraft to gather debris and signatures from French nuclear tests, and specially-equipped ships stationed near the French Pacific test site.

Intelligence analysts used the results of these collection efforts to produce the classified periodicals, reports by the Office of Scientific Intelligence, and national and special national intelligence estimates included in the electronic briefing book.

U.S. Intelligence and the French Nuclear Weapons Program
National Security Archive Electronic Briefing Book No. 184
Edited by Jeffrey Richelson
During World War II, as the United States and Britain were working to develop an atomic bomb, their intelligence services tried to determine what progress Germany had made in developing the ultimate weapon. With the collapse of the Third Reich, U.S. intelligence turned part of its attention to Soviet nuclear activities. But while the Soviet Union was the nation whose nuclear activities most concerned U.S. intelligence organizations in the decades after 1945, there were other nations whose nuclear progress was also monitored by the United States starting in the 1940s. One of those nations was France.

Initial French interest in developing nuclear weapons goes back to 1939, when Frédéric Joliot-Curie and other French scientists met with the French managing director of Union Miniere, the company that controlled the uranium in the Congo. (Note 1) After Allied forces landed at Normandy in June 1944, a U.S.-British unit, designated ALSOS, followed the invading troops, collecting scientists, documents, and equipment pertaining to the German nuclear program. But the United States also wanted to prevent France from acquiring nuclear expertise and equipment and was eager to gain control of personnel and hardware related to the German program both for intelligence exploitation and to keep the information from falling into French hands. In April 1945, ALSOS conducted Operation HARBORAGE - seizing key German scientists (including Werner Heisenberg) and an experimental reactor in an area of Germany that was soon to come under the control of French forces. (Note 2)

United States efforts to monitor French nuclear activities are revealed in declassified reports produced by the Manhattan Engineer District's foreign intelligence section in 1946. Six reports (Documents 1-6), based on a variety of sources, provided overviews of French nuclear research and development capabilities, passed on a rumor that French scientists were willing to sell nuclear know-how to the right bidder, summarized the key elements of a speech by Joliot-Curie, France's most prominent nuclear scientist, and described the French search for uranium deposits.

In the early 1950s, other elements of the U.S. Intelligence Community - including the State Department's intelligence unit and Army intelligence - provided information on personnel involved in the French nuclear program (Document 7, Document 8 ). At the time, and into the mid-1950s, there had been no French decision to pursue development of a nuclear weapon. But after the 1957 defeat of the government of Guy Mollet, which had promised that it would not seek to develop nuclear weapons, that would change. As an article in the CIA's Central Intelligence Bulletin (Document 9) noted in May 1957, pressures appeared to be mounting in France to develop a nuclear weapon.


It would not be long before France had established an organization to develop a nuclear weapon and began its search for a test site. U.S. intelligence would report in the late 1950s on French progress toward detonating an atomic device - which involved reporting on personnel, reactors, enrichment facilities, the test site in the Sahara, and movements of personnel and equipment. Following the initial test in February 1960, the U.S. Intelligence Community would add estimating the timing of future tests, monitoring the results of those tests, and the research, development and production of delivery systems, to its tasks. When France was forced by Algerian independence to find a new test site, it became necessary to also monitor the construction effort and prepare to monitor tests at the new site in the Pacific.

The collection and analysis effort involved a variety of U.S. intelligence organizations. Data was collected from human sources by the CIA, while the National Security Agency intercepted relevant communications (Document 28). The CIA and National Reconnaissance Office (after its creation in September 1961) used aircraft such as the U-2 (Document 18, Document 24) and satellites to obtain overhead imagery of reactors, enrichment facilities, and test sites.

In addition, the specific signatures generated by French nuclear detonations - including seismic signals and, until France terminated atmospheric testing in 1974, the electromagnetic pulses, x-rays, infrared radiation and debris generated from atmospheric explosions - were also collected. Air Force Technical Applications Center ground stations, AFTAC/Air Force satellites (including the VELA and Defense Support Program satellites), debris-collecting U-2 aircraft operated by the Strategic Air Command, and U.S. Navy ships also contributed to the collection effort. In the early 1960s, AFTAC sought to establish ground stations closer to Algeria to facilitate test monitoring (Document 14, Document 15).

The data generated by U.S. collection efforts allowed CIA and other Intelligence Community analysts to produce current intelligence reports (for example, Document 13) as well as more in-depth studies and estimates of the French nuclear weapons program starting in the late 1950s - such as The French Nuclear Weapons Program of July 1963 (Document 19) and August 1965's The French Pacific Nuclear Test Center (Document 25).

The documents included in this briefing book were obtained from the U.S. National Archives and through Freedom of Information Act requests (some filed by National Security Archive senior analyst William Burr) as part of the research conducted by Archive Senior Fellow Jeffrey T. Richelson for his book, Spying on the Bomb: American Nuclear Intelligence from Nazi Germany to Iran and North Korea. (Note 3) They provide information on both the collection and analysis of data concerning the French nuclear program and illustrate the extensive efforts that the United States made, particularly in the 1960s and early 1970s, to collect and analyze data about French nuclear weapons activities.

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Sam 3 Fév - 22:43

Et maintenant, on détaille les documents déclassifiés de la CIA :

Citation :
Document 13: Office of Current Intelligence, Central Intelligence Agency. "French Nuclear Test Plans," Current Intelligence Weekly Summary, February 25, 1960. Secret
Source: Freedom of Information Act Request

Published less than two weeks after France's first test on February 13, this article reports on the expectations concerning the specifics of the three devices that would make up the remainder of the initial test series, the role of the tests in development of an actual weapon, the impact of international protests on French plans to test underground, and France's disarmament plan.


DOCUMENT 13 RAPPORT HEBDOMADAIRE DE L’OCI du 25 février 1960
Plan des tests nucléaires français

Cette série initiale de tests nucléaires français doit comporter trois nouvelles explosions avec des dispositifs plus petits et plus légers que celui qui avait été utilisé pour le premier test du 13 février. Le prochain tir est planifié avant mai et si possible avant un mois.
(SUIVENT DEUX LIGNES EFFACÉES, CAR NON DÉCLASSIFIÉES)
Les troisièmes et quatrièmes tirs sont prévus pour l’automne 1960 et l’un de ces tirs pourrait être un essai souterrain, bien qu’aucun site n’ait été sélectionné.
La mise en place de tests d’un dispositif plus petit et plus léger est une étape vers le développement d’une bombe nucléaire, ce qui n’est pas attendu avant un an.
La chaleur extrême de l’été saharien va ralentir la préparation des tirs et explique probablement le délai relativement long entre le deuxième et le troisième essai.
Paris peut avoir été encouragé à passer plus rapidement à un programme d’essais souterrains en réaction à l’étendue des condamnations internationales après le premier test nucléaire, particulièrement à la lumière de la sensibilité prêtée à De Gaulle à l’opinion mondiale sur cette question (des essais nucléaires).
Bien que les tests souterrains requièrent des efforts de préparation considérables, on s’attend à ce que la France augmente ses efforts pour obtenir l’assistance des Américains, spécifiquement des informations sur l’utilisation des équipements de mesure.

Il y a des indications montrant que, du fait de sa capacité récemment acquise de produire des armes nucléaires, la France va proposer l’avancée du plan de désarmement nucléaire qui a été déposé devant le comité des Nations Unies à l’automne dernier en se désolidarisant de la position unifiée des nations occidentales.
Le plan français met l’accent sur l’élimination des armes nucléaires, qu’elle ne possède pas, plutôt que sur l’arrêt de la production de matière fissible comme il est actuellement proposé dans la position commune des autres nations occidentales.

(LE RESTE DU DOCUMENT 13 EST EFFACÉ CAR NON DÉCLASSIFIÉ)

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Sam 10 Fév - 18:00

Et maintenant le document 14 sur lequel j'en ai appris de belles sur les ruses des Yankees qui essayaient d'en savoir plus sur les essais souterrains à venir au CEMO d'In-Amguel, c'est-à-dire le premier tir auquel j'ai assisté, le 7 novembre 1961 à 11 heures, le tir Agate de 20 Kt (Agate du nom de la pierre précieuse et non Agathe, le prénom féminin comme il est très souvent mal orthographié) puis du tir (accident nucléaire) Béryl de 150 Kt du 1er mai 1962 auquel j'ai aussi assisté depuis mon "belvédère favori" sur lequel on grimpait pour admirer le spectacle et qui était situé à moins d'une heure de marche de la base vie :

Depuis ce site, Grougnaffe avait une vue imprenable sur le point zéro de l'explosion dans le massif du Tan Afella qu'on voit entre les pieds du cairn :


Remarque pour les photographes : Les couleurs de mes diapositives kodachrome 25 ISO de 1961 n'ont pas bougé en plus de 56 ans et c'est assez remarquable.


Citation :
Document 14: Richard St. F. Post to Mr. Witman, Subject: Coverage of French Underground Tests, August 4, 1961. Secret
Source: NARA, RG 59, Records of Special Assistant to Secretary for Atomic Energy and Outer Space, Subject and Country Files, 1950-1962, Box 5, Folder 1961-France-Testing

This memo reports on a meeting held in the office of the State Department's Special Assistant for Atomic Energy and Outer Space, following up on late July inquiry from the head of the Air Force Technical Applications Center. The subject under discussion was whether it would be possible to place three Atomic Energy Detection System (AEDS) stations in areas close to Algeria, in order to cover French nuclear tests expected to take place from October 1961 through March 1962. The participants discussed the feasibility of locating stations in Mali, Niger, and Libya.


Document 14 : auteur Richard St. F. Copie à M. Witman,
Objet : Couverture des essais souterrains français, 4 août 1961. Classifié secret.
Source: NARA, RG 59, Enregistrements de l'assistant spécial du secrétaire à l'énergie atomique et à l'espace, dossier de pays et objet, 1950-1962, box 5, dossier 1961-France-Testing

Cette note de service fait état d'une réunion tenue au bureau de l'Assistant spécial du Département d'État pour l'Énergie atomique et l'espace, suite à l'enquête de fin juillet du chef du Centre d'applications techniques de l'Armée de l'Air.
L’objet de la discussion était de savoir s'il serait possible de placer trois stations du système de détection d'énergie atomique (AEDS) dans des zones proches de l'Algérie, afin de couvrir les essais nucléaires français prévus d'octobre 1961 à mars 1962. Les participants ont discuté de la faisabilité d’implanter des stations de surveillance au Mali, au Niger et en Libye.

Rapport de réunion du 4 août 1961 sur la couverture des essais souterrains français.
De Richard St. F
J’ai participé à la réunion de ce jour tenue au bureau de l'Assistant spécial du Département d'État pour l'Énergie atomique et l'espace pour évaluer la possibilité d’implanter trois stations du US Atomic Energy Detection System (AEDS) dans des zones proches de l’Algérie pour surveiller les essais nucléaires souterrains français qui, selon des sources fiables, devraient être effectués entre octobre 1961 et mars 1962.

Le colonel L.B. Williams du S/AE a ouvert la réunion en soulignant l’importance de la proposition dont le but est de récolter des informations et des données permettant la vérification de l’efficacité de nos systèmes de détection des essais souterrains. Il a aussi donné une description du type d’équipement nécessaire pour les sites de détection.
M. William Jones de l’UNP a émis l’opinion, en des termes extrêmement fort, que si une connexion quelconque entre les USA et les essais souterrains français venait à être découverte, nous pourrions être accusés, en particulier par les Russes, d’utiliser en fait le prétexte de la surveillance des essais souterrains français pour récupérer (en douce, n.d.t.) des informations sur les effets des tirs nucléaires et par conséquent de ne pas respecter le moratoire que nous nous sommes imposés nous mêmes.
M. Robert Foulon, parlant au nom de l’AF, a fait part également des réactions véhémentes auxquelles nous pourrions être confrontés de la part des pays africains en général étant donné que ces pays se sont déclarés publiquement comme étant une zone sans essais nucléaires.
M. Jesse, M. MacKnight et M. Foulon on alors pointé le fait que deux des trois sites proposés pour l’implantation de stations de détection,  le Mali et le Niger, devaient être exclus pour des raisons politiques : non seulement il serait impossible de garder secrètes de telles activités aux yeux des Français, mais qu'en plus il serait nécessaire d’obtenir l’accord des deux gouvernements, et qu'un tel accord serait sans doute impossible à obtenir.

M. Foulon m’a alors demandé de décrire les possibilités de mise en place de ce type d’opération en Libye (M. Jones de l’UNF a dû quitter la réunion quand j’ai commencé à exposer la situation). J’ai dit qu’il me semblait qu’il y avait certains facteurs de la situation libyenne qui pouvaient permettre d’envisager l’implantation de telles stations de détection. Deux couvertures possibles de l’opération sont apparues d’elles-mêmes.
1) Le 64e bataillon du Génie est actuellement engagé pour établir des relevés topographiques de la zone dans laquelle on pourrait implanter les sites de détection en Libye, c’est-à-dire le triangle Ghat-Sebha-Ghadames. À partir de la description du colonel Williams de l’équipement nécessaire, il apparaîtrait possible de le faire parvenir en Libye comme étant du matériel destiné au corps de Génie sans éveiller de suspicions.
2) La plupart des zones concernées sont des zones de concessions pétrolières et la majorité d’entre elles le sont à des compagnies pétrolières américaines. Les équipements de détection sont très similaires aux équipements de prospection et ne seraient pas identifiables en tant que tels, sauf aux yeux de spécialistes. J’ai ajouté qu’il ne serait pas inconcevable que l’une ou l’autre, ou les deux, couvertures puissent être utilisées sans avoir à en informer le gouvernement Libyen ou le roi, bien que ce soit un point sur lequel les avis de notre ambassadeur devraient évidemment être sollicités.
Et, bien évidemment nous devrions discuter de tout ce projet avec l’ambassadeur avant de le développer.

Le consensus de cette réunion s’est fait autour des points suivants :
1) Si le plan de détection devait être mis en œuvre, ce serait en Libye.
2) Nous aurions besoin d’être absolument certains que notre couverture serait aussi parfaitement ''étanche'' qu’il est humainement possible de l'être.
3) Le colonel Williams mettrait en œuvre les actions nécessaires pour réunir ensemble les spécialistes de la détection et les responsables des unités du Génie afin d'évaluer quelles seraient les possibilités d’utiliser le détachement du Génie en Libye comme couverture de l’opération.
4) Dans un futur proche le colonel Williams programmerait une réunion avec le ministère de la Défense, l’ISA, l’AFTAC (Air Force Technical Applications Center) et le gouvernement pour évaluer la situation et déterminer si on a bien atteint l’étape permettant une approche de l’ambassadeur sur le sujet.
M. Foulon a insisté sur le fait que AF ne s’est, bien sûr, pas engagé du tout sur le sujet excepté sur le point de l'examiner à nouveau dans le futur.

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MessageSujet: Re: Les grandes oreilles de la CIA et le programme nucléaire français   Dim 18 Fév - 18:16

On arrive au document 15 où les gradés US se grattent la tête pour trouver un lieu à partir duquel ils pourraient espionner tranquillement les essais nucléaires français sans se faire prendre.

Citation :
Document 15: Howard Furnas to General Rodenhauser, August 15, 1961. Secret
Source: NARA, RG 59, Records of Special Assistant to Secretary for Atomic Energy and Outer Space, Subject and Country Files, 1950-1962, Box 5, Folder 1961-France-Testing

This letter from State Department official Howard Furnas to the head of AFTAC, General Rodenhauser, reports on the conclusions reached as a result of considering the feasibility of placing AEDS stations close to Algeria. It explains why Mail and Niger are not feasible alternatives, and why Libya is a possibility. It goes on to note that the State Department was in the process of evaluating the foreign policy implications of the proposal.


Document 15 : Lettre de Howard Furnas au général Rodenhauser, le 15 août 1961. Classification secret
Source: NARA, RG 59, Enregistrements de l'assistant spécial du secrétaire à l'énergie atomique et à l'espace, dossier de pays et sujet, 1950-1962, Box 5, dossier 1961-France-Testing

Cette lettre du responsable du département d'État, Howard Furnas au général Rodenhauser chef de l'AFTAC (Air Force Technical Applications Center), rend compte des orientations retenues pour la localisation des stations AEDS à proximité de l'Algérie. Elle explique pourquoi le Mali et le Niger ne sont pas des localisations possibles, et pourquoi la Libye restet une possibilité. Il est noté en outre que le Département d'État était en train d'évaluer les implications de cette proposition sur la politique étrangère des USA.

SECRET.

Destinataire : Major général (général de division) J.F. Rodenhauser, USAF
Chief, Air Force Technical Applications Center
DCS Operation
Department of the Air Force
Washington 25, DC

Cher général Rodenhauser.

Je me réfère à votre lettre du 26 juillet 1961 dont l’objet est les Tests souterrains français.
Le département d'État est clairement conscient de l’intérêt de la surveillance de ces tests en regard des buts décrits dans votre lettre. Néanmoins, il est nécessaire d’évaluer avec précaution la balance entre les gains techniques anticipés et les risques potentiels associés.
Un examen préliminaire par le département met en lumière les points suivants :
1. Le Mali, avec un gouvernement plutôt orienté vers l’Union Soviétique et utilisant les services de nombreux techniciens venant du bloc soviétique, nous semblerait un choix totalement inapproprié pour cette opération. Non seulement il apparaît peu probable que le gouvernement malien approuve le projet (et le projet ne peut pas être mis en œuvre sans la coopération du gouvernement) mais sa découverte par les personnels du bloc soviétique serait très probable et il est virtuellement certain que les Français seraient avertis de l’opération.
2. Le Niger, bien que présentant moins de risques de découverte par les personnels du bloc soviétique, est très dépendant des techniciens français sans lesquels un projet de cette sorte ne pourrait pas être mis en œuvre. De plus, le Niger ayant pris des engagements concernant la politique d’une Afrique sans nucléaire, il serait très improbable que les dirigeants du Niger acceptent le risque de mettre en péril leur futur politique en cas de découverte de leur assistance à ce projet.

En tout état de cause il n’y a aucune opération au Niger ou au Mali susceptible de pouvoir servir de couverture au projet.

3. L’alternative libyenne apparaît pouvoir offrir certaines possibilités pour une mise en œuvre adéquate du projet. Des opérations de cartographie sont en cours par des unités du Génie dans la région de Ghat-Sebha-Ghadames, et où des compagnies pétrolières américaines mènent actuellement des opérations de recherche de pétrole. L’une, l’autre où les deux opérations pourraient présenter des opportunités de couverture pour la surveillance des tests français et il est suggéré que vous les interrogiez pour déterminer si un plan opérationnel adapté pourrait être mis en place en coopération avec eux. S’il est nécessaire de diriger des enquêtes auprès d’unités militaires en service dans la région, le département d'État serait à votre disposition pour les coordonner avec notre ambassadeur à Benghazi.

Entre-temps, le département d'État essaie d’évaluer les implications de cette proposition sur notre politique des affaires étrangères et nous avons demandé à notre ambassadeur en Libye de nous faire remonter rapidement ses commentaires sur les possibilités de conduire une telle opération en Libye si une approche des autorités libyennes était faisable oui ou non. Vous êtes bien sûr conscient que la découverte d’une quelconque connexion des États Unis avec les tests français , quel que soit le but que nous poursuivons, nous soumettrait à des accusations d’avoir hypocritement fermé les yeux, sinon d’avoir encouragé les tests français pour pouvoir collecter des données que nous ne pourrions pas acquérir par ailleurs du fait du moratoire sur les essais nucléaires que nous nous sommes imposés à nous même. Notre position en Afrique en particulier et parmi les nations non-engagées en général serait endommagée et nous serions placés dans une position psychologiquement désavantageuse concernant les négociations futures en matière de ban nucléaire et de désarmement.

Ainsi, en même temps que le département d'État a la volonté d’explorer toutes les possibilités pour accompagner les équipes de détection, la décision finale doit attendre le résultat d’études ultérieures.

Clairement, un facteur important concernant cette décision sera de savoir jusqu'à quel point on pourra minimiser le risque (d'être découverts n.d.t.) en développant un plan de couverture bien sécurisé.

Nous vous tiendrons informé de tous les développements futurs concernant ce sujet.

Sincerely yours,

Howard Furnas
Acting.

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