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 Le bar des digressions de Papy Grougnaffe

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Grougnaffe

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MessageSujet: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 13 Jan - 12:17

En 14, les poilus partaient au front avec des chansons plein la tête. On chante Mayol, Ouvrard, Dranem, Fragson, Vincent Scotto et bien d’autres, car ils sont sûrs de rentrer bientôt en vainqueur à la maison.

En 2017, les officiers partent sur les fronts du COOL avec des chansons plein la tête, car ils sont sûrs, eux aussi, de remporter leur poule et d’accéder enfin au Graal que constitue à leur yeux une promotion à la division supérieure ou un titre de champion.

Mais en 2017, quelles chansons les officiers du COOL ont-ils dans la tête ?
Des chants traditionnels ?
Des chants en étranger aux paroles incompréhensibles ?

Que nenni, les officiers du COOL vont penser aux parties de pêche à la truite qui vont bientôt revenir après la victoire, et, sur la musique de Schubert, ils vont entonner à coup sûr la version revue par Francis Blanche et que chantaient les Frères Jacques en 1956.

♪ La Truite ♪ de Schubert sur un texte de Francis Blanche.

Elle était jeune fille
Sortait tout droit de son couvent
Innocente et gentille
Qui n'avait pas seize ans
Le jeudi, jour de visite,
Elle venait chez ma mère
Et elle nous jouait la Truite
La Truite de Schubert

Un soir de grand orage
Elle dut coucher à la maison
Or malgré son jeune âge
Elle avait de l'obstination
Et pendant trois heures de suite
Au milieu des éclairs
Elle nous a joué la Truite
La Truite de Schubert

On lui donna ma chambre
Moi je couchai dans le salon
Mais je crus bien comprendre
Que ça ne serait pas long
En effet elle revint bien vite
Pieds nus, dans les courants d'air
Pour me chanter la Truite
La Truite de Schubert

Ce fut un beau solfège
Pizzicattis coquins
Accords, trémolos et arpèges
Fantaisie à quatre mains
Mais à l'instant tout s'agite
Sous l'ardent aiguillon de la chair
Elle, elle fredonnait la Truite
La Truite de Schubert

Je lui dis : Gabrielle
Voyons, comprenez mon émoi
Il faut être fidèle
Ce sera Schubert ou moi
C'est alors que je compris bien vite
En lisant dans ses yeux pervers
Qu'elle me réclamait la suite
La suite du concert

Six mois après l'orage
Nous fûmes dans une situation
Telle que le mariage
Etait la seule solution
Mais avec un air insolite
Au lieu de dire oui au maire
Elle lui a chanté la Truite
La Truite de Schubert

C'est fou ce que nous fîmes
Contre cette obsession
On mit Gabrielle au régime
Lui supprimant le poisson
Mais par une journée maudite
Dans le vent, l'orage et les éclairs
Elle mit au monde une truite
Qu'elle baptisa Schubert.

A présent je vis seul
Tout seul dans ma demeure
Gabrielle est partie et n'a plus sa raison
Dans sa chambre au Touquet elle reste des heures
Auprès d'un grand bocal où frétille un poisson
Et moi j'ai dit à Marguerite
Qui est ma vieille cuisinière
Ne me faites plus jamais de truite
Ça me donne de l'urticaire.

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Hydrommel

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 13 Jan - 18:02

Très bonne rubrique !
Espérons qu'à la fin, quel que soit notre camp de prédilection, on pourra encore chanter celle-là...

Devant la caserne
Quand le jour s'enfuit,
La vieille lanterne
Soudain s'allume et luit.
C'est dans ce coin là que le soir
On s'attendait remplis d'espoir
Tous deux, Lily Marlène
Tous deux, Lily Marlène

Et dans la nuit sombre
Nos corps enlacés
Ne faisaient qu'une ombre
Lorsque je t'embrassais.
Nous échangions ingénûment
Joue contre joue bien des serments
Tous deux, Lily Marlène
Tous deux, Lily Marlène

Le temps passe vite
Lorsque l'on est deux!
Hélas on se quitte
Voici le couvre-feu...
Te souviens-tu de nos regrets
Lorsqu'il fallait nous séparer ?
Dis-moi, Lily Marlène
Dis-moi, Lily Marlène

La vieille lanterne
S'allume toujours
Devant la caserne
Lorsque finit le jour
Mais tout me paraît étrange
Aurais-je donc beaucoup changé ?
Dis-moi, Lily Marlène
Dis-moi, Lily Marlène

Cette tendre histoire
De nos chers vingt ans
Chante en ma mémoire
Malgré les jours, les ans.
Il me semble entendre ton pas
Et je te serre entre mes bras
Lily, Lily Marlène
Lily, Lily Marlène

What a Face
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Quinze-Trois

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 13 Jan - 18:20

Bon , ben j'ai du me tromper de FORUM :

ICI c'est  :



S'cusez M'sieurs dames mais le COOL-2017 , c'est par où ? lol!
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Hydrommel

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 13 Jan - 18:34

Haha ! Voice Kids ?!  Laughing  Jeunot, va...

Nous préparons, car : "Tout le succès d'une opération réside dans sa préparation." comme dit ton maître à penser...

What a Face

_____________________________________
Celui qui se défend montre que sa force est inadéquate, celui qui attaque qu’elle est abondante.
(Encore LUI, suite et fin de ta signature...)
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FredMK79

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 13 Jan - 18:47

Tant que nous éviterons Malbrough ça ira ...
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Grougnaffe

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mar 17 Jan - 18:21

Pour cette semaine, je vous emmène visiter mes "mémoires de guerre" avec une petite vidéo que j'ai mise en ligne sur YouTube et qui vous fera comprendre comment la France conduisait ses essais nucléaires souterrains, j'ai terminé cette vidéo par un diaporama de Tamanrasset telle qu'elle était le 25 mars 1962 c'est-à-dire moins d'une semaine après le cessez le feu en Algérie.
Cette vidéo fait partie d'un projet plus vaste que je suis en train de monter avec le soutien d'un groupe de vétérans qui ont servi au Centre d'Expérimentation des Oasis entre 1961 et 1967, c'est-à-dire jusqu'au moment où la France a rendu les clés des lieux au nouveau propriétaire.

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Aurelie in Wonderland
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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mar 17 Jan - 23:03

Merci d'avoir partagé la vidéo c'est intéressant !!
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Grougnaffe

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mer 25 Jan - 17:09

Un lointain parent, Adrien Dayet , avait servi comme officier dans l’Infanterie de marine qui encadrait un bataillon de Tirailleurs sénégalais en opération à Madagascar pendant la campagne de reconquête du territoire menée entre 1896 et 1905 par le général Gallieni.
Adrien mourut avant 1900 pendant la campagne des suites d’une maladie tropicale et avait fait transmettre à son frère, Eugène Dayet, également officier dans l’infanterie de marine, cent trente-deux plaques de verre positives stéréoscopiques au gélatino-chlorure d’argent soit autant de vues en 3D illustrant la campagne de Madagascar de l’Infanterie de Marine avant 1900.

J’ai hérité de ces plaques il y a une dizaine d’années et j’avais scanné une vue par plaque pour faire un diaporama qu’on peut trouver sur YouTube.

Mise à jour du 10 février 2017 : la vidéo en 3 D est maintenant en ligne, voir le lien dans un message plus bas et j'ai supprimé la vidéo mono ancienne.
En regardant récemment les plaques d’origine avec un stéréoscope, j’ai été frappé par la présence que donne une vision 3 D d’images si anciennes et je me suis dit qu’il fallait que je remette le métier sur l’ouvrage en numérisant à nouveau toutes les plaques avec les deux vues, œil gauche et œil droit pour les transformer en anaglyphes pouvant être visionnés sur un écran avec des lunettes pour anaglyphes (œil gauche verre de couleur rouge et œil droit verre de couleur cyan)
Avant d’aller plus loin et pour vérifier la faisabilité de mon idée, j’ai scanné 16 vues et je les ai montées dans une vidéo d’essai de 1 min 30 en 720 p que j’ai mise en ligne au format mp4 dans ma dropbox et que j’invite tous les possesseurs de lunettes anaglyphes à regarder ou à télécharger cet essai en 3D en cliquant :

ICI

Note : si vous regardez en ligne et selon votre débit de connexion vous pouvez avoir une latence de quelques secondes avant le démarrage de la vidéo et de petites coupures pendant le visionnage car il s'agit d'un film HD en 720 p.

Un petit résumé pour situer le cadre historique de ce témoignage photographique :

La conquête de Madagascar par la France (1883-1896)

La conquête de Madagascar par la France s’effectue en deux temps, d’abord dans le cadre d’un protectorat, puis par l’annexion pure et simple; soit plus d’une décennie de débats diplomatiques et politiques, et d’actions militaires.

En décembre 1885, la monarchie Merina conclut un premier traité de protectorat avec la France qui, depuis mai 1883, pratiquait la politique de la canonnière, occupant les ports de Majunga et de Tamatave.
Poussé par les notables de la Réunion relayés par les députés créoles (l’ancienne île Bourbon, qui a changé de nom sous la Révolution de 1789, traverse une crise économique profonde) et par certains milieux catholiques, le gouvernement français s’est lancé dans cette aventure coloniale en invoquant d’incertains «droits historiques».
La monarchie Merina a plié mais n’est pas vaincue. L’échec politique serait plutôt français.
Le traité donne à la France un droit d’occupation à Diégo-Suarez et prévoit l’installation d’un résident français à Tananarive.
Après bien des équivoques et des contestations, l’Angleterre reconnaît en 1890 ce prétendu protectorat français (le mot ne figure pas expressément dans le texte du traité).

L’aggravation du malaise économique et social dans le royaume va fournir le prétexte à une seconde et décisive intervention militaire française.
Le Premier ministre merina ruse et négocie pied à pied avec le résident français, mais il ne peut éviter les conséquences de l’indemnité de guerre imposée par le traité de 1885 – dix millions de francs –, somme colossale pour un modeste royaume déjà épuisé par l’effort de guerre.
Pour faire face (c’est-à-dire rembourser un emprunt contracté auprès du Comptoir d’escompte de Paris), le gouvernement malgache doit étendre encore la corvée, offrir d’immenses concessions à des colons ou aventuriers français, ouvrir aux Malgaches l’exploitation jusqu’ici interdite des mines d’or.
Le pouvoir monarchique se décompose, les exactions se multiplient, le désordre s’installe. Les fahavalo (bandits, hors-la-loi) sèment la terreur jusqu’au cœur de l’Imerina, menaçant la sécurité des Européens.

En refusant, en octobre 1894, de céder à un ultimatum que le résident français a été chargé de lui présenter, Rainilaiarivony consacre la rupture avec la France.
À Paris, la Chambre des députés vote les crédits nécessaires pour une expédition militaire qui, cette fois, doit marcher sur Tananarive.
Les troupes débarquent à Majunga le 15 janvier 1895. Il faudra huit mois avant que des éléments avancés parviennent enfin à Tananarive, juste avant la saison des pluies.
Pour les soldats français (près de 20 000, dont beaucoup de jeunes recrues), c’est une sorte d’odyssée à rebours sur cette «route» (à tracer!) de 600 kilomètres qui s’élève progressivement du niveau de la mer à presque 1 500 mètres d’altitude en traversant sur les premiers 200 kilomètres, le long du fleuve Betsiboka, une région humide et malsaine.

Les «généraux» malgaches hazo et tazo (la forêt et la fièvre) sont les principaux responsables de l’hécatombe: on estime que 40% du corps expéditionnaire a disparu sur cette «piste» aujourd’hui encore ponctuée de modestes et émouvants monuments commémoratifs et de tombes – qui font désormais partie du patrimoine national malgache. Une page importante de l’histoire moderne de Madagascar s’est en effet inscrite dans cette expédition de 1895.

Une expédition dont la mémoire collective tant en France qu’à Madagascar n’a peut-être pas gardé un souvenir aussi vif (et idéalisé) que pour d’autres batailles coloniales.
Du côté français, la préparation de l’expédition s’est déroulée dans l’enthousiasme populaire entretenu par une propagande anti-Merina systématique, laissant croire que la République partait «pour reconquérir une terre française depuis Louis XIV et pour libérer les populations côtières de la tyrannie Merina».
Mais la conduite de l’expédition sous les ordres du général Duchesne (qui a tout de même laissé son nom, ainsi que le général Voiron et l’amiral Pierre, à des rues ou à des quartiers de Tananarive) s’est révélée lamentable.
Ni l’équipement vestimentaire, ni l’armement des soldats (portant fusil, pelle ou pioche et un sac de 35 kg), ni le mode initialement prévu de locomotion – les fameuses «voitures Lefebvre», lourdes charrettes en aluminium tirées par des mulets (on en voit sur les photos que j’ai récupérées) et dont aucune, semble-t-il (il y en eut 5 000!), ne parvint à Tananarive – n’étaient adaptés au relief et au climat du pays.
Il est vrai qu’à l’époque Madagascar était, pour les états-majors de l’armée française, un pays du bout du monde.
Du côté malgache, toutes proportions gardées, l’effet de distance est le même. Les garnisons Merina, installées dans de solides forteresses (celle d’Andriba en particulier), se sentent plus ou moins en pays étranger (sakalava).
L’isolement, la démoralisation et le paludisme expliquent leur faible combativité devant l’envahisseur français. Il semble bien que les troupes Merina aient, sauf exception, systématiquement décroché et déserté, signe de la déliquescence du royaume. Mais, si l’armée royale donnait l’impression de renoncer au combat, d’autres résistances se préparaient ou étaient déjà en action.

Une colonne française, dite «légère», atteint finalement la capitale Tananarive le 30 septembre 1895. Aux premiers coups de canon, la reine Ranavalona III fait hisser le drapeau blanc. Elle accepte, cette fois, un second et véritable traité de protectorat (1er oct. 1895).
Le vieux Premier ministre Rainilaiarivony est exilé et la reine provisoirement maintenue. L’année suivante, la «prise de possession» est consacrée non sans vifs débats au Parlement français, puis sanctionnée par le vote de la loi d’annexion du 6 août 1896: Madagascar devient une colonie française.

De la domination coloniale à l’indépendance retrouvée (1896-1960)

Sous trois statuts juridiques différents (colonie, territoire d’outre-mer, État autonome), Madagascar aura connu la dépendance coloniale directe durant un peu plus d’un demi-siècle. C’est une période très brève si on la compare avec la situation d’autres anciennes possessions françaises, mais riche en transformations et en contestations.

La période Gallieni,

Pendant neuf ans (1896-1905), le général Gallieni, secondé un temps par le colonel Lyautey, imprime sa marque à la colonisation. Il se comporte en véritable proconsul de la République française, attachant définitivement son nom à l’histoire moderne de Madagascar. Jusqu’en 1972, sa statue équestre (retirée alors discrètement par les autorités françaises) ornait le square Gallieni au centre de la capitale malgache.

Gallieni, général républicain, a été envoyé avec des troupes de renfort pour une reprise énergique de la situation politique et militaire. Arrivé le 16 septembre 1896, il fait abolir par divers arrêtés la monarchie, la féodalité, l’esclavage (l’arrêté du 26 septembre 1896 a été signé par son prédécesseur, le résident Laroche), et exiler (27 févr. 1897) la reine Ranavalona III, d’abord à la Réunion puis à Alger. Entre-temps, il a fait fusiller deux ministres du gouvernement Rainilaiarivony, membres de l’aristocratie, afin de mater l’oligarchie Merina.

Premier gouverneur en titre de la colonie malgache (on dit aussi à l’époque madécasse) et investi des pouvoirs civils et militaires, Gallieni pacifie et organise. La «pacification» consiste à rétablir l’ordre dans l’ancien royaume Merina et à soumettre définitivement les peuples indépendants du Sud et de l’Ouest qui résistent farouchement de façon dispersée. Dans ces régions, la domination française est pratiquement acquise en 1899; mais des soulèvements éclateront encore en 1904-1905, puis en 1915-1917. Pendant ce temps, en Imerina, Gallieni a dû faire face au mouvement de résistance nationaliste des Menalambo (les Toges rouges), véritables partisans qui se réclament du pouvoir royal et qui profitent de la désagrégation des institutions pour s’attaquer à l’occupant étranger ainsi qu’aux Merina jugés complices. Les insurgés, refoulés dans la forêt, se rendent en juin 1897. La résistance des Menalambo – tout comme les soulèvements sporadiques de 1895 sur la côte est dirigé contre les Merina et, à travers eux, contre la présence française – témoigne d’une authentique prise de conscience nationale, même si le colonisateur français n’y voit que du banditisme (fahavalo) ou, comme on dirait aujourd’hui, du «terrorisme». Il reste que cette pacification, énergique, aura contribué à sa façon à l’unification de la Grande Île. Soumises désormais aux ordres d’un pouvoir étranger, les ethnies malgaches sont, quelle que soit leur diversité, ou même leur animosité, poussées à se retrouver.

Parallèlement, Gallieni organise le pays en appliquant, affirme-t-il, une «politique des races». En réalité, il va s’appuyer surtout sur des lettrés Merina pour des raisons compréhensibles d’efficacité administrative. Il crée des cadres indigènes, entreprend un nouveau découpage administratif de l’île, organise un remarquable système d’assistance médicale gratuite avec un corps de médecins et de sages-femmes malgaches. Il instaure, à côté des écoles des missions chrétiennes, une école officielle laïque par laquelle seront formés des instituteurs malgaches. L’enseignement du français devient obligatoire, l’Académie malgache est créée en 1902, dans l’esprit «mission civilisatrice» de la IIIe République.

Les premiers grands travaux (chemin de fer Tamatave-Tananarive, routes charretières) sont entrepris sous l’impulsion de Gallieni qui entend mener une politique de développement économique (dans le cadre de l’assimilation douanière qui favorise l’introduction des produits français, mais pas nécessairement le consommateur malgache...). Pour encourager la production agricole aux fins d’exportation, Gallieni reprend de façon plus méthodique le système de l’ancienne corvée qu’il remplace partiellement par une fiscalité directe accablante (la capitation), destinée à obliger les Malgaches à produire plus par eux-mêmes ou à se placer au service des colons qui paieront l’impôt à leur place. Gallieni est convaincu de l’«effet moralisateur» de l’impôt. Et le code de l’indigénat, qui donne des attributions judiciaires aux administrateurs, est un excellent adjuvant.

Lorsque Gallieni – esprit républicain, laïque et par-dessus tout militaire – quitte son poste de commandement, les grands axes de la politique coloniale française à Madagascar sont tracés.

Et, en complément :

Histoire des Tirailleurs Sénégalais

Le corps des Tirailleurs sénégalais a été créé en 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur général de l’Afrique de l’Ouest française. Il était désireux de se doter d’unités de combat indigènes, permettant de pallier à l’insuffisance des effectifs en provenance de métropole.

Les origines des Tirailleurs

De 1857 à 1905, les régiments de tirailleurs étaient constitués d’esclaves affranchis rachetés par les Français à leurs maîtres africains. Ces effectifs furent progressivement renforcés d’apports de prisonniers de guerre et de volontaires. Vers la fin du XIXe siècle, des membres des classes dirigeantes traditionnelles africaines intégrèrent le corps comme sous-officiers. Les tirailleurs étaient loin d’êtres tous sénégalais.
Ils venaient de l’ensemble des colonies françaises d’Afrique
Les ethnies Bambara et Toucouleur étaient très bien représentées.
Après 1905, les Tirailleurs prirent une importance plus grande avec le besoin de forces de police efficace sur l’immense territoire africain sous administration française, des problèmes d’insécurité liés à des révoltes sporadiques (en Mauritanie, au Maroc), le déploiement des Tirailleurs en dehors d’Afrique et après le déclenchement de la 1re Guerre mondiale, le besoin de renforcer les troupes engagées sur le front lorrain.
Beaucoup d’officiers généraux français de la 1re Guerre mondiale ont commencé leur carrière comme officier dans les Tirailleurs, à commencer par les Maréchaux Joffre, Gallieni ou encore le Général Mangin. Ce dernier en avait d’ailleurs tiré un ouvrage intitulé La Force Noire, dans laquelle il faisait l’apologie des troupes africaines avec toutefois des arguments qui sentaient bon le racisme (il défendait entre autres l’idée que les Africains avaient un système nerveux moins développé et donc moins sensible à la douleur).


Dernière édition par Grougnaffe le Ven 10 Fév - 22:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mar 31 Jan - 11:14

Comme expliqué plus haut, je travaille à renumériser les 132 plaques stéréo de la Coloniale pendant la campagne de Madagascar du général Gallieni entre 1896 et 1900 avec l'Infanterie de Marine et les Tirailleurs sénégalais.

Le matériel utilisé par les photographes aux armées était lourd et encombrant et la plaque que je viens de traiter le montre bien sur l'anaglyphe ci-dessous (lunettes rouge et bleu/cyan nécessaires pour la vision en 3D)

Sur cette photo on voit un marsouin photographe à demi caché derrière son énorme appareil de prise de vue et le cliché démontre qu'il y avait au moins un deuxième photographe pour immortaliser le premier.

En arrière plan, on remarque les gens du village alignés devant une case et je suppose que ça devait être un grand moment d'étonnement pour eux devant cette irruption de la modernité la plus incroyable — des photos en relief — en cette fin du 19e siècle.

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mar 31 Jan - 12:06

Pour tous ceux qui ont des lunettes, une toute dernière pour vous montrer une unité d'Infanterie de marine en très longue file où on voit les marsouins avec leurs pelles leurs pioches leurs gamelles et leurs bidons en plus des fusils, probablement un Lebel modèle 1886 et là on ne voit pas de Tirailleurs sénégalais, que des marsouins qui doivent monter au front à pied.
Ça ne devait pas rigoler devant, ces images m'impressionnent.

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mer 1 Fév - 18:22

Dernières nouvelles du front de Madagascar en 1896 avec le 13e RIMa :

L’expédition souffre terriblement de son manque de préparation. Les hommes manquent de quinine contre le paludisme, celle-ci étant à fond de cales sous d'autres fournitures. Le fait d'avoir choisi pour le transport des troupes la voiture hippomobile Lefebvre (charrette d'une masse de 335 kg portant un chargement de 250 kg tiré par un mulet commandé à 5 000 exemplaires pour l'expédition) condamne le corps expéditionnaire à construire une route carrossable du point de débarquement jusqu’à Tananarive et expose les milliers d’hommes du génie qui effectuaient les terrassements et ceux du train qui parcouraient la route sans relâche à la mort par maladie.

Ci-dessous la photo 3D, de deux voitures hippomobiles Lefebvre entourées de marsouins du 13e RIMa :


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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Sam 4 Fév - 18:46

La suite de mon travail sur la campagne de Madagascar en photos 3D.

L'enterrement d'un marsouin sans doute en 1896 :


Il me reste encore deux boîtes (quatre déjà faites) à scanner et à retoucher, j'avance.

À force de travailler sur ces plaques stéréo, je commence à mieux comprendre le contexte et, notre fil rouge étant l'infanterie de marine qui était à la tête de la 2e brigade du corps expéditionnaire de Madagascar sous les ordres du général Voyron, je vais reclasser les photos pour suivre le déroulement de la campagne à partir du débarquement en regroupant les photos par thèmes.
En plus de 13e RIMa la 2e brigade était composée du 1er régiment de marche colonial formé de :
1 bataillon malgache
1 bataillon de Haoussas soudanais
1 bataillon de La Réunion

La photo ci-dessous montre le débarquement d'un bataillon soit soudanais soit de La Réunion à une date que je dois chercher entre avril 1895 et début 1896 et un port que je dois découvrir sur la côte Ouest ou Nord Ouest quand j'aurai plus d'indices.

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Quinze-Trois

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mer 8 Fév - 22:56

Bonjour Grougnafe ,
je fus déjà passionné lors du COOL 2016 par tes comptes rendus historiques et reste fidèle a ta rubrique a nouveau cette année.
Mais il y a quelque chose qui me touche particulièrement cette année , car un membre de ma famille a participé a ce petit morceau d'histoire dont tu relates les évènements cette saison .

Et ce personnage n'est autre que mon arrière grand père , le commandant Georges DORNIER , qui officiait en tant que tout jeune aspirant
sur le bateau " LAPEROUSE" qui emmena la reine RANAVALONA en exil a la REUNION en 1897 , si mes souvenirs sont exacts .

Thomas Paul Georges DORNIER
Né le 20 décembre 1874 à VESOUL (Haute-Saône) - Décédé le 20 novembre 1959 à SAINT JEAN de MONTS (Vendée)


Entre dans la Marine en 1892









Aspirant le 5 octobre 1895, port CHERBOURG.

Aux 1er janvier 1896, 1897, sur le croiseur "LAPÉROUSE", Division navale de l'Océan Indien (Cdts Isaac LACOURNÉ puis Augustin Le DÔ).

Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1897.

Aux 1er janvier 1899, 1900, Second sur le goélette "PAPEETE", Station locale des Iles de la SOCIÉTÉ (Cdt Justin SIMON).

Au 1er janvier 1901, Officier stagiaire sur la "COURONNE", École de canonnage.

Officier breveté canonnier.

Au 1er janvier 1902, port CHERBOURG.

En 1903, 1904, sur le croiseur "TROUDE", Division navale de l'Atlantique. (Cdt Etienne AUBRY).

Lieutenant de vaisseau le 21 novembre 1905.

Au 1er janvier 1906, port CHERBOURG.

Versé dans le cadre de réserve le 31 mai 1906, port CHERBOURG.

Administrateur des colonies.

Amicalement ,

15-3
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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Ven 10 Fév - 23:09

C'est vraiment un télescopage spatio temporel qui fait se rencontrer sur le comptoir du bar des digressions du COOL 15-3, arrière petit fils d'un marin qui transporta en exil la reine RANAVALOVA et Grougnaffe un lointain parent d'Adrien Éloi DAYET, marsouin du 13e RIMa (né le 3 septembre 1875 à Favernet en Haute Saône et mort du paludisme le 13 février 1896 entre le port de Majunga, sur la côte ouest de Madagascar où le 13e RIMa avait débarqué fin avril 1895, et Tananarive lors de l'expédition qui devait conduire à la déportation de la reine.

Je viens de mettre en ligne sur YouTube ce soir la vidéo en 3 D que j'ai montée à partir des plaques stéréo, scannées pour les deux vues cette fois, ces vues étant ensuite réunies en un anaglyphe avant d'être montées dans la vidéo.
C'était un gros boulot parce que ces plaques de verre n'ont pas franchi les siècles sans dommage et j'ai passé des heures avec Photoshop pour reconstituer les portions d'images manquantes.

La vidéo est en HD 1280 x 720 pixels avec un frame rate de 25 images par seconde, on peut donc passer en mode plein écran pour la visionner après avoir chaussé des lunettes pour anaglyphes  (verre gauche rouge et verre droit cyan).

Voir en relief ce qu'ont vus nos lointains parents, pour toi pas si lointain le parent, apporte un réalisme frappant, on s'y croirait.
Le film que je viens de mettre en ligne dure 12 minutes.



J'en ai gravé une version 1920 x 1080 pixels sur un Blu-Ray, sur le grand écran d'une télé c'est encore plus frappant (et les zooms sont fluides alors que sur YouTube ça dépend du débit ADSL).
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Quinze-Trois

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Sam 11 Fév - 0:13

Encore merci mon papy Grougnaffe , et quel plaisir de regarder ce magnifique reportage photographique ( je vais me mettre en quete de trouver ces fameuses lunettes pour profiter au mieux de ces montages ).

Amitiés

15-3
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Grougnaffe

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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Sam 11 Fév - 8:42

Chez Amazon on trouve dix paires de lunettes anaglyphes en carton pour 2.99 € et pleins d'autres modèles un peu plus perfectionnés.
Je n'ai pas  réussi à en trouver ailleurs.

Je n'ai pas de photo du marsouin Adrien Éloi DAYET 1875-1896 mais j'en ai une, datant de 1919, de son frère Eugène DAYET (1876-1937) époux de la sœur de mon grand père), voie par laquelle les plaques stéréo de 1895 sont arrivées jusque chez moi.


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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Mar 14 Mar - 20:42

Hyper interessantes, tes digressions!!! Ca m'a fait rejoindre d'autres digressions, notamment sur les bombes atomiques qui ont "mis fin" à la guerre mondiale en 45... Impressionnant! terrifiant! No No No
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MessageSujet: Re: Le bar des digressions de Papy Grougnaffe   Lun 27 Mar - 18:58

Une histoire de bombe A française dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler.

L'histoire que vous allez lire en cliquant sur le lien ci-dessous va lever un petit coin du voile sur les aventures de deux Bréguets deux ponts dont l'un transportait une bombe A qu'il devait livrer au Centre d'Expérimentation Militaire des Oasis (CEMO) pour le tir Tourmaline du 1er décembre 1965.
Lisez jusqu'au bout, les Espagnols n'en ont rien su mais ça aurait pu être un avertissement de ce qui allait leur arriver l'année suivante avec l'accident nucléaire de Palomares du 17 janvier 1966, où Boeing B-52G du Strategic Air Command et un KC-135 Stratotanker se sont accrochés au cours d'un ravitaillement. L'accident s'était produit à 9 450 mètres d'altitude au-dessus de la mer Méditerranée, au large des côtes espagnoles et à proximité de Palomares.
Les deux avions avaient explosé et les Américains avaient perdu 4 bombes H, une en mer et trois sur le sol Espagnol.

Vous qui êtes trop jeunes pour avoir connu tous ces événements là, une petite séance de rattrapage s'impose.


L'histoire du Bréguet deux ponts de l'Armée de l'Air française avec sa bombinette A tricolore  c'est à lire ici :

http://www.a-a-a-g.fr/index.php?page=breguet-deux-ponts

Et l'accident où on a frisé la catastrophe nucléaire de grande ampleur avec des bombes H au dessus de l'Espagne  c'est à lire ici :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Accident_nucléaire_de_Palomares

Pour info, la décontamination des sites espagnols impactés par cet accident nucléaire n'est toujours pas terminée, cinquante ans après :
À lire ici si vous comprenez l'anglais :

https://www.theguardian.com/world/2015/oct/19/us-to-clean-up-spanish-radioactive-site-49-years-after-palomares-plane-crash

Et pour ceux qui sont curieux et qui veulent en savoir plus (en français) sur les accidents nucléaires militaires américains :

http://www.astrosurf.com/luxorion/accidents-nucleaires-militaires.htm

Nous vivons dans un monde très dangereux mais, comme on n'en parle pas trop, il n'y a aucune raison pour que ça s'arrête.
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